L'espérance de vie, la santé de la mère et de l'enfant, la lutte contre les épidémies et les endémies régressent ou stagnent dans certains pays africains alors que la dynamique mondiale va vers une nette amélioration. Au-delà des problèmes d'équipement, il y a des problèmes structurels et de motivation du personnel.
Le paradoxe c'est que durant les années soixante-dix et quatre -vingt la plupart des pays en voie de développement disposaient du programme « santé pour tous en l'an 2000 ». Plusieurs programmes ont vu le jour allant des programmes de vaccination, de lutte contre les épidémies et les pandémies, la construction des hôpitaux et centres de soins l'amélioration de la santé de la mère et de l'enfant. Mais depuis les troubles sociopolitiques des années quatre-vingt dix, occasionnant dans la majorité des cas la perte de priorités et de santé publique, la fin de certains programmes de coopération et l'absence de motivation, la santé des populations ne cesse de se dégrader. Une redynamisation des politiques de santé publique est nécessaire en insistant sur quelques aspects précis :
1. Clarifier le statut des rapports professionnels entre médecins pour éviter les confusions du genre c'est un généraliste qui dit au chirurgien ce qu'il doit faire ou c'est un pédiatre qui dit au cardiologue ce qui est raisonnable. Il également important de préciser le rôle et les attributions de l'assistant médical, de l'infirmier, de la sage-femme et de l'aide-soignant.
2. Des médecins généralistes ne doivent en aucun cas corriger des épreuves de spécialité médicale et chirurgicale et juger des aptitudes présumés d'un spécialiste car dans ces conditions, le spécialiste est en général refusé parce -que ceux qui sont chargé de l'examiner n'ont pas le niveau requis et cela leur donne l'occasion de faire passer leurs intérêts partisans au détriment de celui de leurs populations.
3. Favoriser la création de sociétés savantes regroupant les médecins par spécialité et clarifier le rôle de l'ordre des médecins et des syndicats de médecins.
4. Promouvoir l'édition des recommandations de bonne pratique par spécialité et insister sur la nécessité d'une collaboration entre les vieux médecins disposant d'une expérience clinique considérable et leurs collègues plus jeunes maîtrisant les nouvelles méthodes de diagnostic et de traitement. Car il ne serait y avoir de concurrence quand des vies humaines sont en danger.
4. Instituer un plan Pharmacie avec une politique du médicament et de l'industrie pharmaceutique. Mettre en place des campagnes de sensibilisation sur les faux médicaments
5.Revoir les besoins de formation des professionnels de la santé en complétant le nombre de professeurs au besoin par nomination des professionnels les plus à même d'effectuer les missions d'enseignement car les seuls pays qui ont réussit à titrer leur épingle du jeu sont ceux où les pouvoirs publics ont décidé dans l'intérêt supérieur de leurs populations de nommer des professeurs nationaux compétents alors que certains d'entre eux avaient été refusés au concours du CAMES ; les objectifs de santé publique et les défis à relever étant différents d'un pays à l'autre. Comme le disait un grand homme d'Etat africain, nul ne viendra construire le pays à la place des autochtones.
6. La nécessité de mettre à contribution les praticiens de la médecine traditionnelle en complétant au bésoin leur formation en anatomie et en physiologie.
7. L'éducation sanitaires des populations grâce des séminaires et la formation d'animateurs maîtrisant les langues locales.
Une amélioration durable de la santé des populations est envisageable si nous parvenions à relever les défis structurels et si nous évitons des comportements contraires à cet objectif.